Printemps en poche

 

Elena Ferrante nous propulse dans l’Italie d’après-guerre en plein cour de la Naples populaire. Après des années de fascisme, la ville prend sa revanche. Elle grouille, elle éructe et ne semble jamais pouvoir s’endormir. L’Amie prodigieuse raconte l’histoire parallèle d’Elena et Lila, deux jeunes amies issues du même quartier. Sous le prisme de l’enfance et de l’adolescence, Elena Ferrante dresse le portrait d’une Italie en pleine reconstruction mais sclérosée par l’extrême pauvreté et les inégalités. On est séduit par le ton et l’ampleur romanesque que dégage ce livre.

“Était-ce ce qu’il venait de vivre en mer, était-ce pour cette raison qu’il ne voyait vraiment Margrét que maintenant ? Il peinait tant à détacher d’elle son regard qu’il s’était entaillé la main gauche avec le couteau. Une coupure profonde. Le sang avait coloré la lame avant de goutter sur le poisson. Il avait levé la tête vers Margrét. Ils s’étaient regardés droit dans les yeux, le sang coulait, c’était septembre, les montagnes parsemées d’entailles avaient blanchi en une nuit, le voile de neige qui les couvrait était si léger qu’il ne parvenait pas à adoucir les arêtes acérées et leur colère noire.” À travers trois générations, le portrait d’une Islande sauvage, âpre et nostalgique se dessine. On y croise Ari, éditeur exilé au Danemark, et le douloureux souvenir de sa mère ; son grand-père Oddur, capitaine courageux, mais aussi sa grand-mère Margrét, à la sensualité rare. Au croisement de la folie et de l’érotisme, la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté. Grand Prix SGDL de traduction 2016 Meilleur roman étranger LiRE: 2015

« Les clandestins montaient dans la caisse du camion et, après un voyage de deux cents kilomètres, ils montaient à bord des bateaux et se perdaient dans la nuit… »
Gazâ vit sur les bords de la mer Egée. Il a 9 ans quand, à peine sorti de l’école, il devient passeur de clandestins. Il travaille avec son père Ahad, ainsi que les frères Harmin et Dordor, commandants des bateaux qui emmènent les migrants en Grèce. Pendant des années, Gazâ et Ahad entreposent dans un dépôt cette marchandise humaine, ces individus qui viennent de parcourir plusieurs milliers de kilomètres. Jusqu’au jour où Gazâ cause la mort d’un jeune Afghan du nom de Cuma, le seul être humain qui ait fait preuve d’un peu d’humanité envers lui. Dès lors, dans ce monde violent et désabusé, Gâza ne cesse de penser à Cuma et conserve précieusement la grenouille en papier qu’il lui avait donnée – ce qui n’empêche pas Gazâ de transformer le dépôt en terrain d’observation des dynamiques de domination et de devenir le tortionnaire des clandestins qui ont le malheur de tomber entre ses mains. Cependant, un soir, tout bascule et c’est désormais à lui de trouver comment survivre…

Après Ziyan (Prix France-Turquie 2014), l’enfant terrible de la nouvelle génération des écrivains turcs, Hakan Günday, revient avec ce grand roman coup de poing à l’écriture puissante, l’histoire d’un enfant monstre né au cour d’un réseau de trafic de clandestins. Avec Encore, on retrouve l’immense talent de conteur, le regard sans concession sur le monde contemporain et l’insolence de ton qu’Hakan Günday a révélés dans D’un extrême l’autre (Prix du meilleur roman de l’année 2011, Turquie).

 

1961. Après avoir vu La Vérité de Clouzot, inspiré de sa vie et dans lequel Brigitte Bardot incarne son rôle de meurtrière, Pauline Dubuisson fuit la France et s’exile au Maroc sous un faux nom. Lorsque Jean la demande en mariage, il ne sait rien de son passé. Il ne sait pas non plus que le destin oblige Pauline à revivre la même situation qui, dix ans plus tôt, l’avait conduite au crime. Choisira-t-elle de se taire ou de dire la vérité ?
Dans le roman Je vous écris dans le noir paru chez Flammarion, Jean-Luc Seigle use de la fluidité de sa plume pour bouleverser, pour interroger. L’auteur devient Pauline Dubuisson, une jeune étudiante en médecine. Il raconte l’histoire à la première personne, réussissant à merveille à se glisser dans la peau de ce personnage féminin, fier, torturé, mystérieux. Pauline tue Félix, son ex-fiancé et, à 26 ans, elle est condamnée à la perpétuité. Une lecture inspirée de faits réels dont on ne sort pas indemne. vous écris dans Le noir a reçu le Grand prix des Lectrices de Elle – dans la catégorie Roman ainsi que le Prix des lycéennes de Elle.

 

Furio Guerri est commercial dans une société d’imprimerie. Il a une belle maison dans la province de Pise, une superbe femme, une fille excessivement gâtée pour qui il s’efforce d’être présent et compréhensif. Un modèle. Mais, derrière les apparences, se cache la face sombre de Furio, qui rôde près d’un lycée où il épie les jeunes filles. Quand il rencontre quelques difficultés professionnelles et qu’il découvre que sa femme, Elisa, lui ment, son “vernis de respectabilité” se craquelle. La tension monte, jusqu’à devenir insupportable. Va-t-il parvenir à se contrôler encore longtemps ?

 

Bonne lecture

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Categories: Best sellers, Fiction, Français

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